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António Guterres (Secrétaire général de l'ONU) sur la corruption dans le contexte de la pandémie de COVID-19
14 Oct 2020 -  Acte criminel et immoral, la corruption est la trahison ultime de la confiance publique.

Elle cause encore plus de préjudice en temps de crise, que le monde vit actuellement avec la pandémie de COVID-19.

La lutte contre le virus offre de nouvelles possibilités d’exploiter la faiblesse des systèmes de contrôle et le manque de transparence, de détourner des fonds destinés aux populations au moment où elles en ont le plus besoin.

Agissant dans la précipitation, les États omettent de contrôler les fournisseurs ou de rechercher des prix équitables.

Des commerçants peu scrupuleux vendent de mauvais produits, tels que des respirateurs défectueux, des tests mal fabriqués ou des faux médicaments.

Et la collusion entre les personnes qui contrôlent les chaînes d’approvisionnement fait grimper de manière scandaleuse le prix de biens indispensables, faussant le marché et privant de nombreuses personnes de traitements vitaux hors de portée.

Nous devons œuvrer ensemble pour mettre fin à ce vol et à cette exploitation en réprimant les flux financiers illicites et les paradis fiscaux ; en s’attaquant aux intérêts particuliers qui bénéficient du secret et de la corruption ; et en exerçant la plus grande vigilance sur la manière dont les ressources sont dépensées au niveau national.

Ensemble, nous devons créer sans délai des systèmes plus solides de responsabilité, de transparence et d’intégrité.

Nous devons demander des comptes aux dirigeants.

Les hommes d’affaires doivent agir de manière responsable.

Un espace civique dynamique et un accès ouvert à l’information sont essentiels.

Nous devons protéger les droits et reconnaître le courage des lanceurs d’alerte.

Les progrès technologiques peuvent contribuer à accroître la transparence et à mieux contrôler les achats de fournitures médicales.

Les organismes de lutte contre la corruption doivent bénéficier d’un plus grand soutien et avoir plus de responsabilités.

L’ONU elle-même continue de donner la priorité à la transparence et à la responsabilité, pendant la lutte contre la COVID-19 et au-delà.

Pour nombre de personnes, partout, la corruption est depuis toujours une source de méfiance et de colère contre les dirigeants et les gouvernements.

Mais la corruption pendant la COVID-19 risque de compromettre gravement la bonne gouvernance dans le monde et de nous éloigner encore plus des objectifs de développement durable.

J’invite instamment tous les gouvernements et tous les dirigeants à faire preuve de transparence et de responsabilité et à utiliser les instruments prévus dans la Convention des Nations Unies contre la corruption.

Alors que ce vieux fléau prend de nouvelles formes, combattons-le avec une détermination renouvelée.